Ton premier cours de jiu-jitsu

La barrière à l’entrée du jiu-jitsu n’est pas physique, elle est mentale. Presque tout le monde appréhende le premier cours. Voici exactement ce qui va se passer, pour qu’il ne reste plus grand-chose à redouter.

Cours collectif de jiu-jitsu brésilien dans une salle d'entraînement
Un cours type : tout le monde travaille par deux, personne ne te regarde.
Photo : U.S. Army, domaine public, via Wikimedia Commons

Ce qu’il faut emporter

Pour un premier cours, aucun club sérieux ne t’imposera d’acheter un kimono avant d’avoir essayé. Prévois simplement :

  • Un t-shirt ajusté ou un rashguard, et un short sans poches, sans fermeture éclair ni boutons (ils blessent le partenaire et abîment les tatamis)
  • Des tongs ou des sandales, pour circuler hors du tapis. On ne marche jamais pieds nus en dehors du tatami, puis dessus.
  • Une bouteille d’eau et une serviette
  • Des ongles courts, mains et pieds. C’est la première cause de coupures.

Appelle le club avant de venir : certains prêtent un kimono pour l’essai.

Le déroulé type d’un cours

L’échauffement (10 à 20 minutes)

Course, déplacements au sol, mobilité des hanches. C’est souvent la partie la plus dure pour un débutant, parce que les mouvements de déplacement au sol (les « shrimps », les roulades) ne ressemblent à rien de connu. Personne ne les réussit du premier coup.

La technique (30 à 40 minutes)

Le professeur montre une technique, la décompose, puis vous la répétez à deux, chacun son tour, sans résistance. Ton partenaire te laisse faire, et inversement. C’est le moment d’accepter d’être maladroit : tout le monde l’a été.

Le sparring (15 à 30 minutes)

Des rounds de cinq à six minutes, au sol, où chacun applique ce qu’il peut avec résistance. C’est la partie qui inquiète le plus, et souvent celle qu’on préfère au bout de quelques semaines.

Pour ton premier cours, tu peux tout à fait demander à ne pas faire de sparring, ou seulement avec le professeur. Personne n’y verra à redire. Beaucoup de clubs demandent d’ailleurs aux débutants d’observer les premières séances.

Taper : la règle qui rend tout possible

C’est le mécanisme central du jiu-jitsu. Quand une soumission est en place, tu tapes deux ou trois fois, clairement, sur ton partenaire ou sur le tapis. Il relâche immédiatement.

Tu peux aussi dire « stop » ou « tap » à voix haute si tu ne peux pas bouger les mains.

Trois choses à comprendre tout de suite :

  • Taper n’est pas perdre. Un pratiquant expérimenté tape plusieurs fois par entraînement. C’est ce qui permet de s’entraîner à intensité réelle sans se blesser.
  • Tape tôt. N’attends pas la douleur. Dès que tu sens que la position est perdue, tape.
  • Ne force jamais une sortie. Les blessures viennent presque toutes d’un refus de taper.

L’étiquette du tatami

Elle varie d’un club à l’autre, mais quelques constantes :

  • Hygiène irréprochable. Tenue propre à chaque séance, corps propre, ongles coupés. C’est la règle la plus importante d’un sport de contact.
  • Pas de bijoux. Bagues, colliers, piercings : tout s’enlève.
  • Si tu es blessé ou malade, reste chez toi. Une lésion cutanée contagieuse se propage à tout le club en une semaine.
  • Serre la main ou tope avant et après chaque round. C’est l’usage universel.
  • Signale tes blessures à ton partenaire avant de commencer. Un genou fragile, une épaule sensible : il en tiendra compte.
Taper n’est pas perdre. C’est ce qui permet de s’entraîner à intensité réelle sans se blesser.
Travail en garde pendant un entraînement de jiu-jitsu
Pratiquant en seiza sur le tatami
Le partenaire n’est pas un adversaire : sans lui, tu ne progresses pas.
Photo de gauche : U.S. Army, domaine public, via Wikimedia Commons

Ce à quoi il faut s’attendre honnêtement

  • Tu vas te faire dominer par des gens plus petits que toi. C’est déstabilisant les premières fois, puis ça devient exactement la raison pour laquelle on reste.
  • Tu vas être épuisé plus vite que prévu. Les débutants se crispent et retiennent leur respiration. Ça passe en quelques semaines.
  • Tu auras des courbatures inhabituelles : cou, mains, obliques, adducteurs.
  • Tu ne comprendras pas grand-chose au début. C’est normal. La lisibilité du jeu vient vers le troisième ou quatrième mois.

La bonne fréquence pour démarrer

Deux séances par semaine constituent le meilleur point de départ. C’est suffisant pour progresser réellement, et assez peu pour que le corps encaisse et que l’habitude s’installe.

Commencer à cinq séances par semaine est le meilleur moyen de se blesser ou de se lasser avant le troisième mois. Le jiu-jitsu se joue sur des années.

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Questions fréquentes

Faut-il être en forme avant de commencer ?

Non. La condition physique se construit sur le tapis. Attendre d’être prêt est le meilleur moyen de ne jamais commencer.

Y a-t-il un âge limite ?

Aucun. Il est courant de démarrer à 40 ou 50 ans. Signale simplement tes limitations à ton professeur, il adaptera.

Est-ce dangereux ?

Le jiu-jitsu est l’un des sports de combat les moins traumatisants, parce qu’il n’y a pas de frappes et que la règle du tap permet d’arrêter à tout moment. Les blessures viennent surtout de l’ego : refuser de taper, ou forcer une sortie.

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