Gi ou No-Gi : quelle différence, et par quoi commencer
Même art, deux grammaires. Le kimono ajoute des dizaines de prises impossibles sans tissu, et ralentit tout. Le no-gi supprime ces prises et accélère le jeu. Ce ne sont pas deux niveaux de pratique, ce sont deux dialectes.


Photos : MartialArtsNomad.com (CC BY 2.0) et U.S. Army (domaine public), via Wikimedia Commons
Le gi : le jiu-jitsu en kimono
Tu portes une veste épaisse, un pantalon renforcé et une ceinture. Tout ce tissu devient une surface de préhension : col, manches, revers, pantalon, ta propre ceinture. Ces saisies changent complètement la nature du combat.
Ce que ça implique
- Le rythme ralentit. Les contrôles au tissu sont difficiles à briser, les positions se tiennent plus longtemps.
- Les étranglements se multiplient. Une grande partie des soumissions en gi utilise le col comme corde.
- Les gardes se diversifient. Beaucoup de gardes modernes reposent sur des saisies au pantalon ou aux manches.
- La force compte moins. Une bonne prise au tissu neutralise un adversaire plus puissant.
Le no-gi : sans kimono
Rashguard et short de combat. Plus rien à saisir sauf le corps : poignets, nuque, chevilles, taille. La sueur rend tout glissant.
Ce que ça implique
- Le rythme accélère. Les positions se perdent vite, les transitions s’enchaînent.
- Le contrôle du corps prime. Il faut serrer, verrouiller, utiliser les angles plutôt que les prises.
- Les attaques de jambes dominent. Elles occupent une place bien plus importante que dans le jeu en kimono.
- L’athlétisme pèse davantage. Sans tissu pour ralentir l’adversaire, la vitesse et l’explosivité comptent plus.

Le matériel
Pour le gi
Un kimono de jiu-jitsu, plus résistant qu’un kimono de judo au niveau du col et des coutures. Compte 80 à 150 € pour un modèle correct. La ceinture de ton grade. Beaucoup portent un rashguard sous le kimono, pour l’hygiène et contre les irritations.
Pour le no-gi
Un rashguard et un short de combat sans poches ni fermeture éclair, qui blesseraient le partenaire. C’est l’équipement le moins cher des deux, et le plus rapide à sécher.
Voir notre guide pour choisir un rashguard
Par lequel commencer ?
La réponse honnête : celui qui est enseigné dans le club le plus proche de chez toi. La régularité pèse infiniment plus lourd que ce choix. Cela dit, si tu as vraiment les deux options :
Commence par le gi si…
- Tu veux construire une base technique solide. Le rythme plus lent laisse le temps de réfléchir pendant le combat, ce qui est précieux les premiers mois.
- Tu n’as aucun bagage en sport de préhension. Le tissu pardonne les erreurs de placement.
- Tu vises la ceinture noire de manière classique. La plupart des systèmes de grades restent structurés autour du gi.
Commence par le no-gi si…
- Tu viens de la lutte ou tu t’intéresses au MMA. La continuité est directe.
- Le kimono te rebute, pour des raisons de chaleur ou de confort.
- Tu veux investir le minimum au départ.
L’idéal, à terme, est de pratiquer les deux. Le gi affine ta technique et ta patience. Le no-gi teste si tes contrôles tiennent sans l’aide du tissu. Les pratiquants qui alternent progressent en général plus vite que ceux qui se limitent à une seule forme.
La ceinture en no-gi
Question fréquente : sans kimono, comment situer le niveau de quelqu’un ? En entraînement, on ne le fait pas vraiment, et c’est une bonne chose.
En compétition, l’usage s’est imposé de porter les couleurs de son grade sur le rashguard. Le règlement no-gi de l’IBJJF impose d’ailleurs qu’au moins 10 % du vêtement soit à la couleur de la ceinture. C’est la raison d’être des gammes déclinées par grade.
Questions fréquentes
Les techniques se transfèrent-elles d’une pratique à l’autre ?
En grande partie. Les positions dominantes, les principes de pression et les échappatoires sont identiques. Ce qui ne se transfère pas, ce sont les techniques qui dépendent d’une saisie au tissu.
Le no-gi est-il plus dur physiquement ?
Généralement oui, parce que le rythme est plus soutenu. Le gi est en revanche plus exigeant pour les mains et les doigts, sollicités en permanence par les saisies.
Puis-je porter un rashguard sous mon kimono ?
Oui, et c’est même recommandé pour l’hygiène et contre les irritations. En compétition gi, vérifie simplement le règlement de la fédération concernée, certaines encadrent la couleur des sous-vêtements techniques.