Comment choisir son rashguard de JJB
Un rashguard n’est pas un t-shirt technique. Il encaisse des frottements permanents contre le tatami et le kimono du partenaire, il est lavé après chaque séance, et il doit rester en place quand on te retourne. Voici ce qui sépare un modèle qui tient trois ans d’un modèle qui pèle en trois mois.

Le grammage : le critère qui décide de tout
C’est le poids du tissu au mètre carré, exprimé en g/m². Il conditionne directement la durée de vie du vêtement.
- Moins de 200 g/m² — léger et agréable les premières semaines, mais la maille se détend vite et devient transparente aux zones de tension. À éviter si tu t’entraînes plus de deux fois par semaine.
- 220 à 260 g/m² — le bon compromis. Assez dense pour tenir plusieurs années, assez souple pour ne pas gêner.
- Au-delà de 280 g/m² — très résistant mais chaud, et long à sécher. Intéressant surtout en climat froid.
Beaucoup de marques ne communiquent pas ce chiffre. C’est rarement bon signe.
Sublimation ou impression : la différence qui compte
C’est le point où se joue l’essentiel, et celui que les débutants ignorent le plus souvent.
L’impression en surface
Le motif est déposé sur le tissu, comme sur un t-shirt sérigraphié. Il craque, s’écaille, puis se décolle. Sur un vêtement qui frotte contre le tatami à chaque séance, ça arrive en quelques mois. Reconnaissable au toucher : on sent le motif sous les doigts, il est légèrement en relief.
La sublimation dans la masse
L’encre pénètre la fibre elle-même. Le motif fait partie du tissu : il ne peut ni s’écailler ni se décoller, parce qu’il n’y a rien à décoller. Au toucher, la surface est parfaitement lisse, on ne distingue pas le motif du reste.
Le test en boutique : passe la main sur le logo. Si tu le sens, c’est de l’impression.
Les coutures
Un rashguard bien conçu utilise des coutures flatlock, ou coutures plates. Contrairement aux coutures classiques en relief, elles ne créent pas de bourrelet contre la peau, ce qui évite les irritations pendant les transitions au sol.
Regarde en priorité :
- Les aisselles, qui subissent le plus de tension
- Le col, premier point de rupture sur les modèles bon marché
- L’ourlet bas, souvent négligé
Une couture flatlock quatre fils est nettement plus solide qu’une trois fils, pour un surcoût minime.
Les panneaux mesh
Des inserts en maille respirante placés sous les bras et sur les côtés. Ils évacuent la chaleur là où elle s’accumule le plus. Sur une séance d’une heure et demie, la différence est réelle.
Vérifie simplement qu’ils ne sont pas placés sur une zone de frottement direct : le mesh est plus fragile que la maille principale.
La coupe et la taille
Un rashguard se porte serré. Ce n’est pas une question de style, c’est fonctionnel :
- Un vêtement flottant se saisit, se tord et remonte pendant le combat
- La compression maintient les muscles et limite les micro-traumatismes
- Le tissu doit rester contre la peau pour jouer son rôle de barrière contre les irritations
Erreur la plus fréquente : prendre une taille au-dessus « pour être à l’aise ». Un rashguard trop grand roule, remonte au niveau du ventre et devient une gêne permanente. Réfère-toi au tour de poitrine, pas à ta taille de t-shirt habituelle.
Deux détails qui font la différence : une longueur qui descend nettement sous la ceinture, et si possible une bande silicone à l’intérieur de l’ourlet bas, qui empêche définitivement le vêtement de remonter.
Consulter le guide des tailles Senshu

Manches courtes ou manches longues ?
Les manches longues protègent davantage des irritations aux coudes et aux avant-bras, zones très sollicitées au sol. Elles sont aussi plus chaudes.
Les manches courtes offrent plus de liberté et sèchent plus vite. C’est le choix le plus courant en salle chauffée.
Un point à connaître : en compétition IBJJF, les manches doivent s’arrêter soit au coude, soit au poignet. Une manche trois-quarts est refusée au contrôle.
L’homologation en compétition
Si tu envisages de concourir, les règles no-gi de l’IBJJF imposent notamment :
- Une longueur de manche conforme (coude ou poignet)
- Au moins 10 % de la couleur de ton grade sur le vêtement
- Un tissu qui reste ajusté au corps
C’est la raison pour laquelle beaucoup de marques déclinent leurs modèles par couleur de ceinture. Vérifie l’homologation avant d’acheter si la compétition t’intéresse : un rashguard non conforme se traduit par une disqualification au contrôle du matériel.
Ce à quoi il ne faut pas se fier
- Le prix seul. Au-delà d’environ 90 €, tu paies souvent la licence d’une équipe ou le nom d’un athlète, pas le tissu.
- Les mentions « antibactérien ». Le traitement s’estompe après quelques dizaines de lavages. Ce qui compte, c’est de laver le vêtement immédiatement après la séance.
- Le nombre de couleurs du motif. Aucun rapport avec la solidité.
Récapitulatif
Avant d’acheter, vérifie dans cet ordre :
- Le grammage est indiqué et se situe entre 220 et 260 g/m²
- Le motif est sublimé dans la masse, pas imprimé en surface
- Les coutures sont flatlock, idéalement quatre fils
- La taille correspond au tour de poitrine, pas à ta taille de t-shirt
- La longueur de manche est conforme si tu comptes concourir
Le reste relève du goût personnel.
À lire ensuite : entretenir son rashguard pour le faire durer